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L’OMS salue l’expertise congolaise face à Ebola : « La RDC a la capacité de contenir cette épidémie » (Tedros Adhanom)

Kinshasa, 29 mai 2026 – La Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a reçu vendredi soir à la Primature, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, venu réaffirmer le soutien de son institution à la RDC dans la lutte contre la nouvelle épidémie d’Ebola qui frappe l’Est du pays.

À l’issue de cette audience, le patron de l’OMS a insisté sur l’expérience accumulée par la RDC au fil des précédentes flambées épidémiques, tout en saluant le leadership du Gouvernement congolais dans la riposte en cours.

Une crise complexe, mais une RDC expérimentée

Face aux inquiétudes suscitées par cette nouvelle flambée d’Ebola, Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est voulu rassurant. Selon lui, malgré les défis liés aux déplacements des populations et au contexte sécuritaire dans certaines zones touchées, le pays dispose aujourd’hui d’une expertise reconnue pour faire face à ce type de crise.

« Nous savons que c’est une crise assez complexe, mais la RDC dispose déjà d’une vaste expérience dans la lutte contre le virus. Nous sommes certains que nous serons en mesure de contenir cette épidémie une fois de plus », a-t-il déclaré.

Le Directeur général de l’OMS s’est réjouit du fait que la Première Ministre de la RDC estime que cette crise devait être transformée en opportunité pour renforcer durablement le système de santé congolais. Le Dr Tedros Adhanom a salué les investissements déjà consentis par le Gouvernement ainsi que l’appui des partenaires internationaux.

« Du côté de l’OMS, nous donnerons tout le soutien possible au Gouvernement congolais », a-t-il promis.

L’absence de vaccin contre cette souche préoccupe

Interrogé sur l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo actuellement en circulation, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé qu’il s’agit d’un virus relativement récent, identifié pour la première fois en 2007 à Bundibugyo, en Ouganda.

Selon lui, le faible nombre de cas enregistrés lors des précédentes flambées n’a pas permis d’accélérer suffisamment la recherche clinique. Toutefois, plusieurs candidats vaccins et traitements sont actuellement en développement et pourraient être testés dans le cadre de la riposte en cours.

En attendant, l’OMS continue de soutenir les autorités congolaises à travers la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, le dépistage, l’isolement des cas, la coordination des partenaires et le renforcement des capacités de terrain.

L’OMS s’oppose à la fermeture des frontières

Le patron de l’OMS a également réagi aux restrictions imposées par certains pays à l’égard des voyageurs en provenance de la RDC.

Pour lui, les fermetures de frontières et les mesures d’isolement ne constituent pas une réponse efficace contre Ebola et risquent même de produire l’effet inverse.

« Beaucoup d’études ont montré que la fermeture des frontières peut ralentir la propagation pendant quelques jours ou quelques semaines, mais elle ne permet pas de contenir l’épidémie. La meilleure stratégie est de soutenir la lutte à l’épicentre », a-t-il estimé.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a également averti que ce type de mesures pouvait décourager la transparence des pays confrontés à une épidémie, alors même que la coopération internationale demeure essentielle pour une riposte efficace.

Une visite à Bunia ce samedi

Le Directeur général de l’OMS a annoncé qu’il se rendra ce samedi 30 mai à Bunia, dans la province de l’Ituri, afin d’évaluer personnellement la situation sur le terrain et de rencontrer les équipes engagées dans la riposte.

Cette visite doit permettre à l’OMS de mieux apprécier les besoins opérationnels et de renforcer davantage son accompagnement auprès des autorités sanitaires congolaises.

Pourquoi Ebola revient-il régulièrement en RDC ?

Revenant sur le caractère récurrent des épidémies d’Ebola en RDC, la 17e selon les chiffres officiels, le DG de l’OMS est convaincu que la réponse ne pouvait pas se limiter aux seules interventions médicales.

Selon le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, certaines pratiques communautaires, notamment lors des funérailles et des enterrements, continuent de favoriser la transmission du virus lorsque les règles sanitaires ne sont pas respectées. Il a plaidé pour un travail de fond auprès des communautés afin d’agir sur les causes profondes de la propagation de la maladie.

Pour le Directeur général de l’OMS donc, la lutte contre Ebola passe à la fois par le renforcement du système de santé, l’engagement communautaire, l’adaptation de certaines pratiques à risque et la poursuite d’une coopération étroite entre le Gouvernement congolais et ses partenaires internationaux. Ainsi, au-delà de l’urgence sanitaire actuelle, la RDC est appelée à transformer cette nouvelle épreuve en levier pour bâtir un système de santé plus résilient face aux futures épidémies.